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Se former aux gestes de premiers secours : une obligation et une nécessité

Se former aux gestes de premiers secours : une obligation et une nécessité

Les gestes qui sauvent en entreprise relèvent d'une obligation générale de l'employeur : organiser les premiers secours, et former des sauveteurs secouristes du travail lorsque l'activité l'exige. Au-delà du minimum légal, une équipe formée réagit mieux face à un malaise ou à un accident.

La formation aux gestes de premiers secours est une obligation légale pour les entreprises dans certaines configurations et une bonne pratique universelle. En cas d'accident du travail ou de malaise, les minutes qui précèdent l'arrivée des secours sont déterminantes. Les collaborateurs formés peuvent faire la différence entre une situation stabilisée et un drame.

Les obligations légales selon la taille de l'entreprise

Le Code du travail impose la présence de sauveteurs secouristes du travail (SST) dans les entreprises de plus de 20 salariés effectuant des travaux dangereux, et dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux. Pour les autres entreprises, il est obligatoire d'afficher les numéros d'urgence et de disposer d'une trousse de premiers secours, sans obligation formelle de formation SST.

Ces règles figurent à l'article R4224-15 du Code du travail, qui vise les ateliers où sont accomplis des travaux dangereux et les chantiers occupant un effectif important pour une durée prolongée. L'article R4224-16 du Code du travail ajoute une obligation plus large : en l'absence d'infirmier, l'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades. Concrètement, ces mesures se traduisent par des consignes écrites, un matériel adapté et des personnes capables de l'utiliser.

La présence d'un défibrillateur automatique externe (DAE) est obligatoire dans les établissements recevant du public depuis 2020, et fortement recommandée dans tous les espaces de travail. La formation à son utilisation est simple (2 heures) et peut sauver des vies en cas d'arrêt cardiaque.

SST, PSC1 ou gestes qui sauvent : quelle formation choisir

La formation peut prendre trois formes, de niveau croissant. La sensibilisation aux gestes qui sauvent est un format court, ouvert à tous, centré sur l'alerte, l'arrêt d'une hémorragie, la position d'attente et la réanimation cardiaque. Le PSC1 forme le citoyen aux gestes de base dans la vie courante. Le SST est la formation propre au monde du travail : il ajoute la prévention des risques de l'entreprise et le rôle du sauveteur dans l'organisation des secours internes.

Le SST suit un référentiel national défini par l'INRS et se délivre uniquement par un organisme habilité. Selon ce référentiel, le certificat doit être entretenu par un stage de maintien et d'actualisation des compétences tous les 24 mois, faute de quoi le salarié perd sa qualité de sauveteur. Ce suivi se planifie dans le cadre des obligations de formation des salariés, au même titre que les autres formations à la sécurité.

Pourquoi former ses équipes au-delà des obligations

Au-delà des obligations minimales, former ses salariés au PSC1 (Prévention et Secours Civiques niveau 1) ou au SST constitue un investissement humain au retour immédiat. Ces formations renforcent aussi la culture sécurité de l'entreprise et valorisent l'employeur comme organisation responsable vis-à-vis de ses collaborateurs.

Organiser les premiers secours au quotidien

  • Inscrire le risque d'accident et de malaise dans le document unique d'évaluation des risques, avec les mesures retenues.
  • Répartir les sauveteurs selon les horaires, les équipes de nuit et les sites isolés, pour qu'au moins une personne formée soit présente.
  • Afficher les numéros d'urgence, l'emplacement de la trousse et du défibrillateur, et le nom des sauveteurs.
  • Vérifier régulièrement le contenu de la trousse et l'état du défibrillateur.
  • Organiser des exercices pour que l'alerte et l'accès des secours soient fluides.

Le budget de ces actions s'intègre au plan de développement des compétences. Pour arbitrer entre formations obligatoires et formations de développement, les méthodes présentées dans le guide pour gérer la formation de ses salariés aident à planifier les sessions sans désorganiser les équipes.

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