L'abandon de poste designe la situation dans laquelle un salarie cesse de se presenter a son travail sans justification ni autorisation de l'employeur. Avant la reforme de 2023, cette situation conduisait generalement a un licenciement pour faute grave apres mise en demeure. La loi du marche du travail d'avril 2023 a change la donne en creant une procedure specifique.
La nouvelle procedure depuis 2023
Depuis la reforme, l'employeur qui constate un abandon de poste peut mettre en demeure le salarie de reprendre son travail ou de justifier son absence dans un delai qu'il fixe lui-meme (minimum 15 jours calendaires). Cette mise en demeure doit etre envoyee par lettre recommandee avec accuse de reception.
Si le salarie ne repond pas ou ne reprend pas son poste dans ce delai, la loi presume qu'il a volontairement mis fin a son contrat de travail. Cette presumption de demission a une consequence importante : le salarie perd son droit a l'indemnisation chomage (les allocations France Travail etant reserves aux salaries involon tairement prives d'emploi), sauf s'il conteste la presumption devant le Conseil de prud'hommes.
Ce que l'employeur doit documenter
Pour securiser la demarche, l'employeur doit conserver les preuves de l'absence - pointages, emails d'alerte au salarie - et garder la trace de la mise en demeure envoyee. Un constat d'huissier n'est pas requis mais peut renforcer le dossier en cas de contentieux. Si le salarie invoque un motif legitime (maladie, situation d'urgence familiale), la procedure de droit commun - arret de travail, justificatif - s'applique et la presumption de demission ne joue pas.
